07 juillet 2009

Séance extraordinaire du 6 juillet 2009 sur la mise en œuvre de l’Agenda 21- Intervention d'Agnès LE BRUN, conseillère générale du canton de Morlaix

 

Monsieur le Président, Chers Collègues,

 

Une remarque de méthode tout d’abord. Je regrette que le déroulé des prises de parole n’ait pas été respecté. Notre intention était en effet d’intervenir après votre bilan global, Monsieur le Président, tel qu’il était annoncé. Annoncer ce que l’on fait c’est bien, faire ce que l’on annonce, c’est encore mieux. C’est sans doute aussi cela la démocratie participative.

 

La nécessité d’un développement durable, c’est à dire « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs », pour reprendre la définition proposée en 1987 par Madame Gro Harlem Brundtland, alors Premier ministre de la Norvège, est devenue incontestable.

 

Rares sont en effet ceux qui persistent à nier la responsabilité de l’être humain dans la dégradation de notre planète et dans l’épuisement de nos ressources naturelles.

 

Pardon pour ces généralités, mais nous n’en sommes pas encore au temps où nous pourrons nous en exonérer parce qu’elles seront devenues naturelles pour tous, sans exclusive.

 

Cette prise de conscience, salutaire, conduit Etat, collectivités territoriales, acteurs économiques et associatifs, simples citoyens, à adopter désormais des pratiques plus respectueuses de l’environnement.

 

Au plan national, dès 2005, le Président CHIRAC a fait adopter par le Parlement la Charte de l’environnement et son intégration dans la Constitution.

 

La  Charte place la sauvegarde de notre environnement au même niveau que les droits de l’homme et du citoyen de 1789 et que les droits économiques et sociaux du préambule de 1946.

 

Elle reconnaît en particulier à chacun le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé.

 

Voici deux ans, à peine élu, le Président SARKOZY a organisé le Grenelle de l’Environnement avec comme principaux objectifs le défi du changement climatique, la préservation de la biodiversité et la prévention des effets de la pollution sur la santé.

Et ce en dépit des esprits chagrins et malgré la volonté persistante exprimée de préserver des monopoles dogmatiques, c’est au terme d’une vaste démarche de consultation et de concertation sans précédent, mettant autour de la table élus, syndicats, organisations non gouvernementales, entreprises et administration, que huit engagements majeurs ont été retenus.

 

Le Gouvernement et le Parlement s’attachent depuis plusieurs mois à traduire ces engagements dans la loi afin de faire de notre Pays une démocratie écologique, soucieuse de construire un avenir durable.

* * *

 

Dans notre département sur votre initiative Monsieur le Président, le Conseil général s’est lancé dans l’élaboration d’un Agenda 21, c’est-à-dire d’un programme d’actions orienté vers le développement durable.

 

Au moment de son adoption en 2006, et tout en partageant les orientations annoncées (mais comment être contre ?), notre groupe a exprimé un certain nombre de réserves portant à la fois sur son aspect un peu fourre-tout, réunion pêle-mêle d’obligations légales, de mesures de bon sens ou encore d’intentions, et sur son absence de force et de caractère incitatif pour nos concitoyens.

 

Loin de dissiper le constat effectué à l’époque, le rapport d’étape qui nous est soumis aujourd’hui aurait plutôt tendance à le confirmer.

 

Nous n’allons bien sûr pas nier votre implication, Monsieur le Président. Nous l’avons déjà reconnue : en 2003, peu de collectivités débattaient de développement durable et rares étaient celles à se lancer dans la préparation d’un Agenda 21.

 

Il faut reconnaître qu’il y a eu de réels progrès ces dernières années dans l’observation et la collecte de données permettant de mieux connaître notre territoire finistérien ou, plus concrètement pour nos concitoyens, dans le développement des transports collectifs, domaine de compétences du Conseil général, et du covoiturage.

 

Néanmoins, le rapport d’étape, et peut-être plus encore les annexes, le montrent bien : si l’habillage de l’ensemble est habile, les résultats n’en restent pas moins contrastés.

 

* * *

 

Ainsi, sur la question de l’accessibilité des locaux départementaux, les choses avancent bien lentement.

 

Un schéma directeur devait être établi au cours de ce semestre. Où est-il ?

 

Et pour ma part, je ne peux me satisfaire de la réponse faite à une famille de Morlaix désireuse de scolariser son enfant handicapé dans un collège, à savoir une orientation vers un autre établissement dont la configuration des locaux serait mieux adaptée aux difficultés de cet enfant.

 

Je vous ai d’ailleurs écrit à ce sujet le mois dernier, Monsieur le Président.

 

Je rappelle que la loi du 11 février 2005 impose de s’adapter au handicap et non l’inverse. Elle affirme le droit pour chaque enfant à une scolarisation en milieu ordinaire au plus près de son domicile et à un parcours scolaire continu et adapté.

 

J’espère donc qu’une solution pourra être trouvée avant la rentrée de septembre, le Département devant faire preuve d’exemplarité.

 

Cet exemple concret indique bien la marge existant entre l’intention et l’acte.

 

* * *

 

Autre action concrète, sujette à interrogations : la réduction des factures d’eau et d’énergie.

 

Que de battage pour une mesure qui, nous l’avons vu ce matin en Commission permanente, n’aura donné lieu au cours de l’année 2008 qu’à 21 diagnostics. Je dis bien 21 !

 

Nous l’avons dit et redit : cette question de la consommation d’eau et d’énergie concerne tous les Finistériens.

 

Qu’une attention particulière soit portée aux foyers modestes, nous y sommes tout à fait favorables !

 

Mais pourquoi refuser d’étendre le diagnostic à l’ensemble des foyers, avec une modulation du niveau de l’intervention départementale en fonction des revenus, comme nous le proposons ?

 

N’est-ce pas vous, Monsieur le Président, qui déclariez à l’ouverture de la séance extraordinaire du 3 juillet 2006 : « Nous avons à convaincre pour mobiliser et entraîner les Finistériens » ?

 

A convaincre et à agir, auriez-vous pu ajouter !

 

* * *

 

Bilan mitigé toujours, pour ne pas dire plus, de votre action en matière d’énergies renouvelables.

 

La participation au Plan Bois-Energie et à l’expérimentation régionale « solaire photovoltaïque » ne constitue en rien une réponse satisfaisante à l’enjeu de l’approvisionnement en énergie du Finistère.

 

De son côté, le Plan Climat-Energie, que nous avons examiné en début d’année, paraît plus une compilation de bonnes intentions que l’amorce d’une action vigoureuse de maîtrise de la demande d’énergie ou de production d’énergies renouvelables.

 

Quant à l’alimentation en eau et à l’assainissement, je crois que c’est notre collègue Jérôme RONVEL qui l’a évoqué le 25 juin, la redéfinition des critères de soutien aux projets des communes se traduit, que vous le vouliez ou non, par une réduction de l’intervention du Conseil général, alors même que nous devons amplifier nos soutiens aux initiatives locales pour améliorer la qualité de l’eau.

 

Or, il y a encore du travail à réaliser en ce domaine dans notre département.

 

* * *

 

Ainsi donc, chaque axe contient son lot d’actions que je qualifierai de faible rendement et/ou dont la portée est exagérément amplifiée : opération de communication certes, sans doute même, d’une certaine habileté mais réelle efficacité plus que contestable.

 

Un autre exemple ? L’axe 5 « Contribuer à l’adaptation de notre économie ».

Figure dans cet axe l’amélioration des conditions de travail dans les entreprises. Effectivement, en janvier 2005, l’Assemblée départementale a décidé la création d’un nouveau dispositif d’aide portant à la fois sur les études et sur les investissements.

Mais, savez-vous Chers Collègues, combien de fois ce programme a été sollicité en 4 ans ? Trois fois pour un total d’aides de 14 800 euros…

 

De même, concernant la refonte des aides à l’agriculture, la modification la plus importante porte sur la majoration des aides à l’installation, dont notre groupe est à l’origine.

 

Au-delà, il n’y a rien de bien novateur !

 

* * *

 

Concernant la politique territoriale, je voudrais effectuer une observation en lien avec la démocratie participative.

 

Dans les annexes, concernant l’axe 7 « Aménager un territoire équilibré et attractif », il est fait mention d’une possible signature de l’ensemble des contrats de territoire avant la fin 2010, sur la base du volontariat.

 

Rassurez-vous, je ne vais pas rouvrir le débat sur le contenu des contrats. Vous connaissez la position de notre groupe, très bien exposée par Georges TIGREAT.

 

Sur la méthode, par contre, je vous rappelle, Monsieur le Président, que si en janvier, en même temps que vous nous présentiez le contenu même du projet, vous avez défini un calendrier pour quelques communautés, d’autres demeurent toujours dans l’ignorance de ce dispositif et surtout du calendrier les concernant.

 

Nous serons à cet égard particulièrement attentifs sur le respect de la méthode, notamment sur la question de la démocratie participative dont la définition, vous en conviendrez, n’est pas d’imposer ses seuls choix. Vous l’avez rappelé vous-même tout à l’heure, Monsieur le Président, information, consultation, concertation en sont les piliers.

 

Mais quelle conséquence concrète ? Quantifiable ?

 

Et ce rappel, participation implique réciprocité, agaçant sans doute je peux en convenir, se trouve conforté par l’analyse de l’Agence BMJ Ratings qui, dans ses recommandations en matière de développement économique et territorial, évoque en particulier la nécessité, à court terme, de « planifier des sessions de présentation de la démarche de contractualisation au niveau des élus locaux et des sites départementaux ».

 

* * *

 

Ces différents exemples ne forment pas une liste exhaustive mais illustrent bien le décalage qui peut exister entre les discours et les actes, entre les intentions et les actes.

 

Vous avez eu le mérite, Monsieur le Président, d’engager le Conseil général sur la voie du développement durable.

 

Mais il est tout aussi clair que ce premier Agenda 21 souffre de son manque d’ouverture sur l’extérieur et d’une trop grande dispersion de ses actions.

 

La perception qu’en ont les agents départementaux et les partenaires l’atteste.

 

Qu’ont dit, par exemple, lors d’une table ronde les agents des catégories A et B ?

 

Je relèverai deux appréciations formulées : d’une part un Agenda 21 trop catalogue et d’autre part des concrétisations peu visibles.

 

Que pouvons-nous dire de plus ?

 

Quant aux partenaires, ils considèrent en majorité avoir été peu associés et que l’Agenda 21 n’a pas eu d’impact sur leurs relations avec le Conseil général.

 

Bien évidemment, il est trop tôt pour tirer tous les enseignements d’une démarche qui n’est pas très ancienne.

 

Toutefois pour que le prochain Agenda 21 devienne pour nos concitoyens un outil de référence, il importe maintenant de sortir de l’affichage et de l’empilement. Il importe d’aller véritablement à la rencontre des Finistériens et de leur proposer quelques priorités fortes auxquelles ils pourront s’identifier pour s’approprier les principes du développement durable et être encore plus acteurs de leur avenir et de celui de leurs enfants.

 

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Un dernier mot sur la notation extra-financière.

 

Sans remettre en cause la qualité du travail réalisé par l’Agence BMJ Ratings, j’ai parfois eu l’impression d’être en présence d’une analyse peu objective, très positive, et pour tout dire partiale. Mais peut-être n’était-elle pas en possession de tous les éléments ?

 

Ainsi quand il est fait état d’une « vision claire de l’emploi comme levier principal de l’insertion », je voudrais souligner que cela n’a pas toujours été le cas et que notre groupe a souvent insisté pour que cette approche soit privilégiée. Il est d’ailleurs regrettable que la question de la contractualisation des personnes relevant du RMI ne soit jamais abordée et qu’aucune référence ne soit faite à la mission d’information et d’évaluation du RMI conduite ces derniers mois.

 

Plus curieux est le retour sur le barrage de Guily-Glaz à Châteaulin, présenté comme palliant un manque d’engagement de l’Etat dans la lutte contre les inondations. Le cheminement de ce dossier et l’évolution de son coût auraient justifié, sans doute, un peu plus de prudence dans le propos.

 

L’argument d’autorité ne peut pas suffire pour formuler une appréciation. Encore faut-il étayer celle-ci, apporter des éléments fiables prouvant ce que l’on avance.

 

En conclusion, toute mesure mise en place n’est pas synonyme de succès.

 

Le reconnaître est non seulement gage d’honnêteté, mais une nécessité pour qui veut avancer.

 

Trouver un juste milieu entre communication et action, c’est réfléchir au fond.

 

Parce que vouloir privilégier à toutes fins la communication positive conduit à l’effet catalogue mais aussi à l’autosatisfaction. Nous en avons eu une spectaculaire démonstration lors de la prise de parole des présidents de Commission.

 

Se payer de mots procure manifestement, à vous entendre, un plaisir certain mais conduit aussi à un constat que nous regrettons et qui se résumerait ainsi : « Beaucoup de bruit pour rien ! » .

 

Je vous remercie.

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26 juin 2009

Tourisme : quelles ambitions pour notre département ?

Le Finistère figure parmi les destinations préférées des touristes français ou étrangers en villégiature dans notre pays. Avec plus de 30 millions de nuitées chaque année, il se positionne parmi les tous premiers départements, l’activité touristique constituant un des moteurs de notre économie avec près de 5% de l’emploi salarié.

 

Voici un an, le Conseil général a adopté un nouveau schéma départemental de développement touristique sur la période 2008-2012. Si notre groupe l’a voté, partageant les orientations majeures proposées, force est de constater que sa mise en œuvre est laborieuse, faute sans doute d’une véritable volonté politique. Ainsi en 2009, seuls 169 000 euros sont consacrés à la mise en œuvre de ce schéma quand près de 2 millions d’euros sont accordés au Comité départemental du tourisme.

 

Un Comité départemental du tourisme dont la présidence est curieusement devenue un outil de gestion des ambitions socialistes, comme en attestent les changements successifs de titulaire intervenus ces dernières années.

 

D’autre part, l’intervention du Conseil général ne saurait se limiter à l’hébergement. Or, la majorité demeure hermétique à toute proposition de soutien aux investissements des équipements touristiques ou de loisirs privés qui contribuent pourtant à l’animation du département au même titre, par exemple, que les musées publics.

 

Tout aussi préoccupante est l’absence d’événements touristiques majeurs sur le Finistère cet été après deux années difficiles, du fait notamment de la météo. Cette carence risque de priver notre département de retombées économiques non négligeables, que ne compenseront pas les millions d’euros engloutis par la Région et le Département dans la dispendieuse Breizh Touch dont les bénéfices pour le Finistère se font toujours attendre.

 

Enfin, comment ne pas aussi penser que les millions d’euros consacrés depuis plusieurs années à soutenir l’Etablissement Public de Coopération Culturelle « Les Chemins du Patrimoine » (plus de 11 millions entre 2007 et 2009) auraient pu être bien mieux utilisés en faveur de la valorisation touristique du Finistère ?

 

Notre département tire aujourd’hui profit d’un patrimoine naturel et culturel exceptionnel. Des efforts importants ont été et sont consentis par les professionnels pour améliorer et développer l’accueil de nos visiteurs.

 

Il revient au Conseil général de contribuer à donner un élan supplémentaire à une filière dont l’importance dans l’image du département et dans son développement économique n’est plus à démontrer.

Séance plénière du 25 juin 2009 - Intervention de Jérôme RONVEL, conseiller général du canton de Lesneven sur le compte administratif 2008 et le projet de DM1 2009

Monsieur le Président, Chers Collègues,

 

 

Une observation tout d’abord sur le déroulement de nos travaux.

 

A la reprise cet après-midi, certains de nos collègues, retenus en commission, n’ont pu s’exprimer sur des dossiers. Je pense en particulier à Jacques GOUEROU sur le rapport consacré au SDAGE et à l’application de la directive nitrates.

 

Il serait souhaitable à l’avenir que de telles situations ne se reproduisent. Nous ne sommes tout de même pas à quelques minutes près.

 

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J’en viens maintenant au compte administratif pour 2008 qui ne contient guère de surprises.

 

Avec les moyens de gestion dont dispose le Département, et en particulier la faculté d’ajuster tant les dépenses que les recettes au fil des décisions modificatives, il n’est pas étonnant de constater des taux d’exécution en progression, en fonctionnement comme en investissement.

 

C’est l’inverse qui serait inquiétant.

 

Pas plus étonnant non plus, mais par contre bien plus inquiétant, est le constat que la situation financière se tend.

 

Près de 60 millions d’euros d’excédent global en 2006, 44,5 en 2007 et 34,5 en 2008 : il y là une détérioration sensible des marges de manœuvre départementales qui ne laisse augurer rien de bon pour l’avenir.

 

Si l’an passé le produit du bail emphytéotique des gendarmeries, de l’ordre de 21 millions d’euros, a largement compensé la diminution de 10 millions d’euros du produit des droits de mutation par rapport à 2007, il n’en sera pas de même cette année.

 

Et au-delà des propos rassurants sur la capacité d’investissement ou de soutien à l’investissement du Conseil général et de la multiplication des actions de communication, nous savons bien les uns et les autres que cette capacité s’amenuise un peu plus chaque année.

 

Nous en avons eu un premier exemple voici deux ans avec, malgré le fort enjeu environnemental, la réduction du soutien aux projets des communes pour l’eau et l’assainissement.

 

L’accueil et la prise en charge de la petite enfance n’a pas non plus été épargné ces derniers mois, le P.A.A.P.E n’ayant pas remplacé avantageusement le P.O.P.E.

 

Et au B.P. 2010, ce sera au tour des aides à la voirie d’être revues alors que, faut-il le rappeler, existent des listes d’attente d’une durée de trois années.

 

Le plan de soutien à l’économie départementale, adopté en début d’année, aurait pu s’attacher à résorber ces listes d’attente. Et ce d’autant plus que le produit que le Département percevra cette année au titre du FCTVA, soit 6 millions et demi d’euros, excède nettement l’enveloppe de 4 millions et demi d’euros affectée à ce plan.

 

Notre groupe aurait souhaité que le Conseil général s’implique plus fortement dans la relance de l’économie départementale. Certes il y a quelques initiatives, en particulier pour la voirie, mais nous les jugeons insuffisants.

 

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Bien sûr le Département est confronté à une augmentation des dépenses sociales qui sont difficilement maîtrisables, telles l’Allocation Personnalisée d’Autonomie ou la prise en charge du handicap.

 

Mais il est aussi confronté aux conséquences de ses propres choix. Je pense bien entendu aux charges de personnel. Les ratios figurant en dernière page du rapport de présentation du compte administratif l’illustrent bien avec, pour le Finistère, près de 2 points de plus que la moyenne des départements de 500 000 à un million d’habitants.

 

Ces mêmes ratios confirment le profond décalage au niveau des dépenses d’équipement et de subventions d’équipement versées par rapport à la moyenne des départements de la strate.

 

Mais j’oubliais, là, l’explication est toute trouvée avec un Finistère de longue date mieux équipé que les autres. Bel hommage, Monsieur le Président, à vos prédécesseurs !

 

Finalement cette situation sera peut-être une chance en période de désengagement du Conseil général.

 

Parce que, comme l’a fort bien expliqué ce matin notre collègue Georges TIGREAT, ce ne sont pas les contrats de territoire, outils de gestion de la misère plus que de soutien aux projets, qui vont nous rassurer.

 

* * *

 

En réponse à ce sombre tableau, je vois déjà poindre l’argument du désendettement.

 

Sur ce point, il faut le reconnaître : le Finistère se situe bien mieux que les autres départements de sa strate.

 

Je dirai que c’est quand même un peu la moindre des choses. La contrepartie d’un investissement modeste ne doit-elle pas être un encours de dette faible ?

 

De plus, je l’ai déjà évoqué, le produit du bail emphytéotique des gendarmeries est passé par là, mais il ne repassera pas !

 

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Dans ces conditions, n’ayant pas voté le Budget Primitif 2008, nous ne voterons pas plus le compte administratif.

 

Quant au projet de DM 1, continuité du Budget Primitif 2009, nous ne le voterons pas non plus.

 

Le recours au déblocage par anticipation de 2 millions d’euros d’AP sur 2010 pour parvenir à entretenir le réseau routier départemental montre bien les difficultés auxquelles vous êtes confrontés, Monsieur le Président, Chers Collègues du groupe de gauche.

 

C’est tout de même bien modeste par rapport aux exigences en matière de soutien à l’emploi et à l’économie.

 

C’est vraiment inquiétant que vous ne soyez pas en mesure d’en faire plus.

 

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Avant de terminer, je voudrais, Monsieur le Président, revenir sur trois points.

 

Tout d’abord la crise laitière avec la satisfaction que notre Assemblée ait après concertation adopté, à l’unanimité, le vœu déposé par notre groupe ce matin. Nous voulions qu’officiellement notre assemblée se positionne sur ce sujet délicat et difficile.

 

La gravité de la situation justifie que le Conseil général exprime son soutien et sa solidarité avec la filière en cette période de grande difficultés tant pour les exploitants que pour les familles.

 

Nous espérons tous que, tant au niveau du Gouvernement que de la Commission européenne, les mesures nécessaires seront prises afin de redonner des perspectives économiques à l’ensemble des acteurs.

 

* * *

 

Ensuite, Monsieur le Président, j’ai écouté attentivement vos explications sur les contrats de territoire, en réponse aux interventions de nos collègues Georges TIGREAT et Michel CANEVET.

 

Vous avez insisté sur le dialogue entre le Département et la collectivité et sur le dialogue au sein de la collectivité elle-même.

 

Je voudrais vous rassurer : heureusement, les EPCI n’ont pas attendu qu’émergent les contrats de territoire, ou avant les contrats d’initiative territoriale, pour débattre, réfléchir et travailler à l’aménagement des communes et de l’ensemble de leur territoire.

 

Vous vous êtes aussi attardé sur la notion de contrat.

 

Mais il s’agit d’un contrat aux conditions du Conseil général !

 

C’est à dire avec des projets pour la plupart financés sur des programmes départementaux ordinaires, et je crois utile de le redire, sans effet de levier. Or c’est à cela que devrait servir le contrat.

 

D’où nos interrogations.

 

Car malgré la démocratie participative évoquée, des EPCI attendent toujours d’être informés !

 

* * *

 

Enfin, votre réaction à la question orale de notre collègue Raymond MERCIER n’a pas manqué de nous surprendre.

 

Des interrogations sur des aménagements de sécurité sur des voies départementales, parce que c’est bien de cela qu’il s’agit, et leur coût ont toute leur places dans nos débats, ne vous en déplaise.

 

Certainement autant que l’enlèvement d’une baleine à l’incidence sur les finances départementales de l’ordre de 385 euros.

 

Je vous remercie.

Séance plénière du 25 juin 2009 - Intervention de Raymond MERCIER, conseiller général du canton de Taulé, sur la définition des zones éligibles aux aides en faveur des hébergements touristiques

Monsieur le Président, Chers Collègues,

 

 

Je voudrais revenir sur le zonage retenu pour le bénéfice des aides départementales dans le cadre de cette réforme des dispositifs en faveur des différents modes d’hébergement touristiques.

 

J’ai déjà eu occasion de m’exprimer en Commission à ce sujet et de faire part de mon étonnement sur la définition du zonage qui détermine l’éligibilité aux aides majorées.

 

Si des améliorations ont été apportées aux premières propositions effectuées, le résultat ne me paraît toujours pas satisfaisant.

 

Entendons-nous bien, je ne suis pas hostile à un traitement différencié selon que l’on se situe dans un secteur touristique ou pas, déjà bien équipé ou pas.

Je partage en effet l’objectif de parvenir à un meilleur équilibre des retombées économiques du tourisme dans le département, dans le temps et dans l’espace, cet objectif constituant un des axes stratégiques du nouveau schéma départemental de développement touristique.

 

Ce qui me gêne, Monsieur le Président, c’est que la cartographie proposée ne va pas au bout de cette logique de traitement différencié et ne répond donc que partiellement à l’objectif que je rappelais à l’instant.

 

Quand je consulte les états des lieux qui nous ont été présentés que ce soit pour l’hôtellerie, l’hôtellerie de plein air, les locations classées, les chambres clés vacances, bref pour les différentes formes d’hébergement, je constate qu’il y a des endroits qui ne sont pas suffisamment équipés et qui demeurent exclus du bénéfice des aides majorées.

 

Je pense notamment, puisque j’en suis voisin, au secteur de Landivisiau, situé à proximité du circuit des enclos paroissiaux et des Monts d’Arrée, qui n’est pas non plus très éloigné de la côte mais qui présente un déficit d’hébergements touristiques.

 

A l’inverse, d’autres endroits, à proximité immédiate de Morlaix, par exemple, qui ne semblent pas les moins bien pourvus, peuvent prétendre à ces aides.

 

Il y a là des incohérences que je ne parviens pas à comprendre.

 

Je les comprends d’autant moins qu’il serait à mon sens tout à fait possible d’affiner le zonage.

 

Ce ne sont pas les moyens qui manquent aujourd’hui pour définir des zones au plus près des réalités locales, quitte bien sûr à en adapter la délimitation au fil du temps et des équipements réalisés.

 

Je souhaiterais donc qu’un nouvel effort soit fait en ce sens, la Commission de l’Insertion et de l’Economie pouvant tout à fait se saisir de nouveau de ce dossier afin de répondre véritablement à cette volonté, que notre groupe partage, je le redis, d’un rééquilibrage territorial de l’offre d’hébergements touristiques.

 

A défaut, nous serions contraints de nous abstenir sur ce rapport.

 

Je vous remercie.

Séance plénière du 25 juin 2009 - Intervention de Georges TIGREAT, conseiller général du canton de Landivisiau, sur les contrats de territoire du Pays Centre Ouest Bretagne et de la Communauté de communes du Pays d'Iroise

Monsieur le Président, Chers Collègues,

 

 

Je ne vais pas re-développer ce matin l’ensemble des observations et réserves émises ces derniers mois par notre groupe sur la démarche des contrats de territoire.

 

Je voudrais cependant faire observer que les projets de contrats qu’il nous est demandé de valider au cours de cette séance confirment ces réserves.

 

A leur lecture, nous avons le sentiment d’être loin, vraiment loin, de la volonté, plus annoncée que réelle, d’amélioration de l’efficacité et de la lisibilité des interventions départementales au service des territoires.

 

Quel que soit l’habillage retenu, ces contrats apparaissent comme une compilation de projets dont il est permis de penser que, contrats ou pas, ils se seraient concrétisés.

 

Cette compilation enlève au dispositif la dimension structurante à l’échelle d’un territoire qu’il aurait pu avoir, qu’il aurait du avoir.

 

Bien des projets retenus relèvent de politiques départementales ordinaires, tel, et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres, le soutien à la création de bibliothèques, soutien d’ailleurs bien modeste dont les modalités viennent d’être redéfinies par notre Assemblée au mois de janvier.

 

D’autres entrent tout simplement dans les obligations du Département comme l’accompagnement des projets du SMATAH, pour lequel un rapport spécifique dans l’objectif de combler le déficit est à l’ordre du jour de cette séance, ou encore du Syndicat mixte pour l’aménagement de la pointe Saint-Mathieu.

 

Je pourrais également évoquer le renforcement des actions des Centres locaux d’information et de coordination qui, à notre sens, nécessitent une approche cohérente sur l’ensemble du territoire départemental.

 

Ainsi, sauf erreur de ma part et en me reportant au rapport préparatoire au dernier débat d’orientation budgétaire, les CLIC doivent se voir proposer cette année un nouveau cahier des charges afin d’assurer une meilleure couverture du territoire et un meilleur service aux familles.

 

Nous ne sommes donc là que dans une évolution logique et nécessaire de la politique départementale de prise en charge de la dépendance et du handicap.

 

Il n’y a rien de novateur !

 

* * *

 

Ces exemples, ils ne sont pas exhaustifs, illustrent l’absence de ligne directrice de ces contrats de territoire et, de fait, de lisibilité par les acteurs de terrain.

 

C’est cela sans doute le plus préoccupant dans un souci d’aménagement équilibré du territoire finistérien en lequel nous croyons fortement, et dont le Conseil général doit être moteur pour éviter des déséquilibres infra départementaux.

 

Ne croyez-vous pas qu’il aurait été préférable de faire de ces contrats un levier pour la concrétisation de projets que de pratiquer un saupoudrage dépourvu de caractère réellement incitatif ?

 

Et en disant cela, je ne fais pas grief à mes collègues élus des propositions qu’ils ont présentées. Ils n’ont fait qu’appliquer la procédure que vous avez mise en place, avec à n’en pas douter, la crainte d’être privés des subsides du Conseil général s’ils n’y donnaient pas suite.

 

* * *

 

La méthode elle-même d’élaboration des contrats ne semble pas encore tout à fait au point, du moins si je me réfère aux réflexions entendues de la part d’élus ainsi qu’aux protestations plus formelles émises voici quelques jours par le président de la Communauté de Communes du Poher et maire de Carhaix qui semble être toujours dans l’attente de réunions de préparation.

 

C’est encore une façon d’interpréter l’Agenda 21 avec une absence réelle de concertation et de ne pas impliquer, dans le cas du Pays Centre Ouest Bretagne, les présidents des communautés dans la mise en œuvre du contrat.

 

Mais peut-être le guide de la contractualisation annoncé à la séance plénière de janvier, s’il est publié avant le terme de la procédure de contractualisation, aidera t’il à y voir enfin un peu plus clair sur les objectifs de cette politique et sur la méthodologie suivie.

 

* * *

 

Un mot, avant de terminer, sur l’enveloppe financière des contrats.

 

Si j’ai bien écouté le discours tenu en janvier, le volume financier consacré par le Département à l’ensemble de ses politiques d’accompagnement des collectivités ne bougera pas et restera donc, en moyenne, de l’ordre de 30 millions d’euros par an.

 

Avec les quatre contrats qui nous ont été présentés depuis le début de l’année, nous atteignons déjà sur les six années à venir des engagements de financement à hauteur de 30 millions d’euros, hors tramway brestois, 42 millions avec.

 

Seuls 8 EPCI sont à ce jour concernés. Or le Finistère, je ne vous l’apprendrai pas, Chers Collègues, en totalise 26.

 

Vous comprendrez donc nos inquiétudes sur les financements des contrats à venir et plus globalement sur les sommes qui resteront affectées aux projets des communes, hors contrats.

 

C’est sans doute là que les 1 350 euros pour le projet de bibliothèque de Botmeur prennent toute leur importance…

 

En faisant bénéficier d’une priorité de financement les projets recensés, les Contrats de territoire ne sont-ils pas en définitive, ni plus ni moins, un moyen déguisé et non-avoué de gérer le désengagement du Conseil général à destination des collectivités territoriales ?

 

Nous serons à ce sujet particulièrement vigilants sur les propositions annoncées d’évolution des dispositifs d’aide à la voirie.

 

* * *

 

Pour conclure, Monsieur le Président, Chers Collègues, vous l’aurez compris, notre groupe maintient les réserves exprimées sur la démarche des contrats de territoire.

 

Aussi nous abstiendrons-nous sur les deux contrats de territoire que vous nous soumettez.

 

Je vous remercie.

Séance plénière du 25 juin 2009 - Intervention de Raymond MERCIER, conseiller général du canton de Taulé sur la mise en oeuvre du Revenu de Solidarité Active

Monsieur le Président, Chers Collègues,

 

 

Engagement de campagne du président de la République au printemps 2007, le Revenu de Solidarité Active est devenu réalité depuis le 1er juin.

 

Son expérimentation dans un certain nombre de départements a mis en évidence, dans les zones concernées, un taux moyen de retour à l’emploi supérieur à celui constaté dans les zones témoins.

 

Avec la lutte contre la pauvreté, l’accès à l’emploi constitue l’un des enjeux majeurs de ce nouveau dispositif.

 

Il s’agit, je le rappelle, d’encourager l’activité professionnelle, en veillant que tout retour à l’emploi se traduise, dans la durée, par une augmentation de revenus, grâce au cumul possible des revenus du travail et de la solidarité.

En effet, jusqu’à présent, et malgré les dispositifs d’intéressement en vigueur, la reprise d’emploi ne s’accompagnait pas nécessairement d’une augmentation de revenus et donc d’une amélioration de la situation matérielle.

 

Il s’agit aussi de renforcer le pouvoir d’achat des ménages les plus modestes, en assurant un complément de revenus aux salariés à faibles ressources.

 

A la différence du RMI, le RSA ne s’adresse donc pas seulement aux personnes sans activité mais également aux personnes qui, bien que travaillant, ne disposent pas de revenus suffisants pour faire face aux obligations de la vie quotidienne.

 

Là aussi, vous l’avez rappelé, Monsieur le Président, ce sont près de 50 000 foyers finistériens qui ont, il y a quelques semaines, bénéficié de la prime de solidarité active décidée par le président de la République pour venir en aide aux ménages les plus modestes, dans l’attente justement de l’entrée en vigueur du RSA.

 

De la même manière, afin d’éviter les effets de seuils, les conditions de bénéfice des droits et prestations connexes ont été revues par la réforme, l’accès à ces avantages étant désormais lié aux ressources et non plus au statut des personnes concernées.

 

Cette évolution était attendue depuis longtemps.

 

* * *

 

Le défi désormais proposé au Conseil général et à ses partenaires est celui de la réussite de la mise en place du dispositif.

 

Je voudrais, à ce sujet, saluer au nom de mes collègues du groupe de l’Alliance pour le Finistère, l’important travail de préparation réalisé jusqu’à présent par les services départementaux.

 

Même si le RSA conduit à une simplification des prestations et des contrats aidés, de nombreux acteurs sont concernés par l’instruction des demandes puis par l’orientation et l’accompagnement des personnes.

 

La coordination de l’ensemble de ces acteurs est une des clés d’une prise en charge adaptée et de l’accès à l’emploi.

 

* * *

 

Un mot, Monsieur le Président, Chers Collègues, sur les bénéficiaires du RMI qui vont désormais relever du Revenu de Solidarité Active.

 

Régulièrement, au fil des séances plénières, notre groupe s’est inquiété de la situation des personnes présentes dans le dispositif du RMI depuis plusieurs années.

 

Je rappelle que près de 45 % des allocataires sont dans le dispositif depuis plus de 3 ans et près de 25 % depuis plus de 6 ans.

 

Nous avons pour cela souvent fait référence au taux de contractualisation qui matérialise l’accompagnement que le Conseil général met en œuvre ou fait réaliser pour favoriser la réinsertion sociale et professionnelle de nos concitoyens les plus défavorisés.

 

Quelles que soient les difficultés, il faut souhaiter, comme le prévoit le rapport, que leur situation fasse l’objet d’une évaluation approfondie, en particulier pour celles qui étaient dépourvues de contrat d’insertion.

 

Cette évaluation doit être l’occasion d’une orientation et, pourquoi pas, d’ouvrir de nouvelles perspectives d’insertion pouvant déboucher sur un accès au travail.

 

Pour notre groupe, cette problématique des personnes qui relèvent du RMI depuis de nombreuses années mérite une attention toute particulière, même si je le redis, le sujet est difficile et qu’il n’existe pas de solutions toutes faites.

* * *

Monsieur le Président, Chers Collègues, le Conseil général n’a pas fait en son temps le choix de l’expérimentation.

 

Nous l’avons pour notre part regretté.

 

Cette démarche expérimentale aurait permis de gagner du temps dans la mise en place du RSA et d’éviter les écueils qui, inévitablement, se présenteront. C’est le propre de l’entrée en vigueur d’un nouveau dispositif.

 

Pour autant, et la crise est là pour nous le rappeler, les questions d’emploi et de précarité sont au cœur des préoccupations de nos concitoyens, en particulier les plus fragiles.

 

Tout le monde s’accorde à reconnaître que le I de RMI n’a pas atteint l’objectif assigné par ses promoteurs en 1988, qui était de parvenir à définir un véritable projet d’insertion du bénéficiaire.

 

Malgré une conjoncture actuelle peu favorable, le RSA permettra d’avancer sur ce point, nous l’espérons, et à la condition d’une mobilisation sans faille des acteurs locaux chargés de sa mise en œuvre, de conduire à un retour accru à l’emploi, comme l’a montré l’expérimentation.

 

Je vous remercie.

04 mai 2009

Les soutiens du Conseil général aux Communes en panne !

 

 

Collectivité locale de proximité, le Conseil général ne peut se désintéresser d’un aménagement équilibré de son territoire.

 

Dans cette logique, l’accompagnement des projets locaux, qu’ils soient portés par une commune, un acteur économique ou une association, doit, ou plutôt devrait puisque ce n’est hélas pas le cas, faire partie de ses priorités d’action.

 

Depuis plusieurs années maintenant, la majorité de gauche dénonce avec force la politique dite de guichet (c’est à dire des aides accordées selon des critères identiques en tous points du territoire) et met en avant une politique de contrat, qu’elle entend aujourd’hui concrétiser par des contrats dits de territoire.

 

Effectivement pourquoi ne pas contractualiser, s’il s’agit de permettre l’aboutissement de projets qui, bien que non éligibles aux dispositifs d’aides en vigueur, présentent un intérêt certain et si cette politique ne se traduit pas dans les faits par une diminution de l’intervention départementale ?

 

Or c’est malheureusement ce qui est en train de se passer : le montant de l’enveloppe annuelle consacrée au soutien aux projets d’investissement des communes et des communautés de communes ou d’agglomération reste désespérément bloqué à 30 millions d’euros. Cette situation provoque d’importantes listes d’attente, jusqu’à trois années, et remet d’autant en cause la réalisation d’équipements ou d’aménagements très attendus par la population.

 

Plus préoccupant : refusant d’accroître cette enveloppe alors que le budget du Conseil général augmente de manière très conséquente (+ 50 % en 5 ans), la majorité de gauche a décidé de financer les contrats de territoire au détriment des aides habituelles aux communes.

 

Ce choix politique conduit à s’interroger sur le rôle que le Conseil général entend jouer à l’avenir en matière d’aménagement de territoire. Après les retards pris en matière d’accès à Internet à haut débit, et donc de désenclavement, le voilà, faute d’écoute mais toujours sous couvert de développement durable, en plein démantèlement de son soutien aux communes.

 

Plus insidieux encore, la majorité tente d’imposer aux communautés de communes et d’agglomération la prise de nouvelles compétences dans les domaines sociaux ou culturels. Ce dont elles ne sont pas demandeuses.

 

Manque de clarté, révision des financements : et si, à travers ce désengagement, la solidarité avec les territoires n’était plus une priorité du Conseil général ?

01 avril 2009

Séance plénière des 29 et 30 janvier 2009 - Intervention de Jacques LE GUEN, conseiller général du canton de Plouescat, à l'ouverture de la séance

Monsieur le Président,

 

 

Comme de coutume, j’ai écouté avec attention votre propos d’ouverture de nos travaux.

 

Vous avez évoqué la crise grave que traverse l’ensemble des économies mondiales et ses répercussions sur l’activité des entreprises et sur l’emploi.

 

Vous avez aussi évoqué le mouvement social de ce jour qui traduit les grandes inquiétudes de bon nombre de nos concitoyens sur leur avenir.

 

Il ne saurait être question de nier ce malaise et il ne vous aura certainement pas échappé que le Président de la République et le Gouvernement n’ont pas attendu le Parti socialiste pour prendre, dès cet automne, toute une série de dispositions, dont le plan de relance de l’économie, pour contenir les effets de cette crise sans précédent.

 

Je constate à ce propos qu’il vous est décidément bien difficile, Monsieur le Président, de vous retenir dès que vous abordez l’action de l’Etat. Comme d’habitude, rien ne va !

 

Encore faudrait-il que le contre-plan de relance proposé par le Parti socialiste, près de 6 mois après le déclenchement de la crise, soit crédible. Des mesures annoncées, on ne retiendra que l’archaïsme.

 

C’est sans doute votre ami le sénateur François REBSAMEN, ancien numéro 2 de votre parti, qui a eu les mots les plus justes en relevant l’absence de grande idée novatrice de ce contre-plan, condamné à rester virtuel ! Ce sont ses propos. Je n’invente rien !

 

* * *

 

Mais je ne m’attarderai pas sur le contexte national, puisque c’est l’examen du budget du Conseil général pour 2009 qui va retenir toute notre attention aujourd’hui et demain.

 

Les rapports et éléments en notre possession nous font craindre que ce budget, votre budget, Monsieur le Président, ne soit pas à la hauteur des défis que notre département doit relever.

 

Même si la crise frappera sans doute dans une moindre mesure la Bretagne, nous étions en droit d’attendre une réponse finistérienne en soutien à nos entreprises par un effort conséquent en matière d’investissement.

 

Malheureusement, le plan que vous proposez est bien timoré. Votre volonté de soutenir les PME locales n’excluait pas d’aller plus loin dans la démarche. Au contraire !

 

Nous avons encore en mémoire les propos de notre collègue président de la Commission des Finances et de l’Evaluation le 4 décembre dans cette enceinte, indiquant que le Conseil général répondait, je cite, « aux demandes d’investissement à la hauteur de ce qu’elles sont. »

 

Dont acte, mais pourquoi dans ces conditions laisser les listes d’attente se multiplier et en faire supporter, souvent sur une longue durée, les conséquences par les finances des communes ou des EPCI ?

 

La stagnation, depuis plusieurs années maintenant, des aides aux collectivités locales est un vrai problème que vous persistez à ignorer.

 

Ce n’est pas acceptable !

 

Le soutien à l’économie passe aussi, ne vous en déplaise, par un soutien accru aux communes et à leurs groupements.

Vous vous gargarisez de présenter un encours de dette inférieur de plus de 41 % à la moyenne nationale.

 

La belle affaire, si c’est uniquement pour vous en féliciter et ne pas vous mobiliser ensuite pour appuyer l’activité économique et travailler à renforcer l’attractivité et l’accessibilité du Finistère.

 

* * *

 

La mise en avant quasi-systématique du développement durable ne saurait masquer cette faiblesse structurelle de ce budget, comme de ses prédécesseurs, en matière d’investissement.

 

Et ce ne sont pas les Contrats de territoire, qui seront financés sur l’enveloppe des aides aux communes et à leurs groupements, qui sont de nature à nous convaincre de l’inverse.

 

Pire peut-être, nous avons le sentiment d’assister au fil des aménagements des programmes à une mise sous tutelle larvée des communes par l’instauration de conditions toujours un peu plus contraignantes.

 

Comme si l’idée de décourager les collectivités finistériennes de faire appel au Conseil général vous avait plus qu’effleuré l’esprit…

* * *

 

Avec mes collègues du groupe de l’Alliance pour le Finistère, nous reviendrons dans le détail au fil de la séance sur ces différents points.

 

Bien sûr, nous ne garderons pas sous silence la nouvelle hausse de fiscalité de 3 %, ou plutôt de 5,5 % avec la progression des bases pour la taxe d’habitation et la taxe foncière sur les propriétés bâties, qui figure dans ce budget.

 

En ces temps difficiles, le contribuable appréciera…

 

Je vous remercie.

 

 

 

* *

*

Séance plénière des 29 et 30 janvier - Intervention d'Agnès LE BRUN, conseillère générale du canton de Morlaix, sur les actions de prévention spécialisée

Monsieur le Président, Chers Collègues,

 

Simplement une observation : ces actions de prévention spécialisée se concentrent sur les agglomérations urbaines du Département.

 

Les équipes de rue qui intervniennent sur les villes ont en effet montré leur efficacité aussi bien en matière de prévention qu'en initiatives de socialisation.

  

Or nous savons que ces problématiques liées à l’appropriation de l’espace public par des comportements individuels ou collectifs générateurs de perturbations dépassent de plus en plus fréquemment le cadre des agglomérations urbaines pour s’étendre aux communes moyennes.

 

Je suis moi-même maire d’une ville moyenne et je pense aussi, entre autres, à mon collègue de Concarneau.

 

Nous observons bien que ces besoins s’expriment dorénavant aussi sur ces villes-moyennes d’autant plus que si dans les agglomérations urbaines, les problématiques se concentrent dans les quartiers, elles s’étendent dans les villes moyennes sur les centres-villes et génèrent donc des besoins spécifiques.

 

Il serait donc me semble-t-il intéressant de pouvoir leur étendre ces dispositifs ou à tout le moins d’engager une réflexion en ce sens dans un souci d’anticipation.

 

* * *

Séance plénière des 29 et 30 janvier - Intervention d'Yvonne GUILLOU, conseillère générale du canton de Briec-de-l'Odet, sur l'accueil de la petite enfance

Monsieur le Président, Chers Collègues,

 

 Comme le rappelle le rapport, nous avons revu l’an passé le programme de soutien au fonctionnement des structures d’accueil et services pour la petite enfance, en le réservant aux enfants de moins de six ans avec un forfait de 100 euros par place.

 

Notre groupe de l’Alliance pour le Finistère a d’ailleurs voté les modifications proposées.

 

Pour autant, cette première année d’application des nouveaux critères pose problème concernant notamment les garderies périscolaires.

 

D’une année à l’autre, plusieurs communes ont vu l’aide départementale fondre.

 

Je prendrai deux exemples : le soutien accordé sur ce programme à la commune de Saint-Servais est passé entre 2007 et 2008 de 2 000 à 400 euros et celui apporté à la commune de Brignogan-Plages de 2 762 euros à 1 000 euros.

 

Preuve de cette évolution : l’enveloppe consacrée à l’aide aux garderies périscolaires a été quasiment divisée par 2.

 

Elle s’est en effet réduite, toujours entre 2007 et 2008, de 315 000 euros à 165 000 euros, 250 000 euros étant inscrits au BP 2008.

 

Il y a là manifestement une diminution non négligeable de l’intervention du Conseil général.

 

Je n’ai d’ailleurs pas le souvenir que des simulations financières des modifications proposées aient à l’époque été présentées à la Commission, ce qui aurait permis de nous éclairer un peu plus.

 

L’intérêt de disposer de simulations nous a opportunément été rappelé hier après-midi à l’occasion du débat sur la réforme du soutien à la construction ou à la réhabilitation de bibliothèques-médiathèques.

 

Monsieur le Président, à l’ouverture de nos travaux, vous avez rappelé votre attachement à soutenir les petites communes.

 

Je crois que l’évolution constatée justifierait que la Commission de l’Enfance et de la Famille se penche dans un avenir proche sur le contenu de ce programme pour l’adapter de manière à ne pas pénaliser outre-mesure les communes.

 

Aider le fonctionnement des garderies périscolaires, c’est aussi soutenir un service à la population qu’il est important que les petites communes puissent proposer pour accueillir de nouvelles familles.

 

Je vous remercie.

 

 

 

* *

*

Séance plénière des 29 et 30 janvier 2009 - Intervention d'Agnès LE BRUN, conseillère générale du canton de Morlaix, sur l'EPCC "Chemins du Patrimoine en Finistère"

Monsieur le Président, Chers Collègues,

 

 Lors de notre séance du mois de décembre, nous avions longuement débattu de la situation, très préoccupante à nos yeux, de l’Etablissement Public de Coopération Culturelle « Chemins du Patrimoine en Finistère ».

 

Je dois dire que le rapport qui nous est présenté n’est pas de nature à nous rassurer. Bien au contraire.

 

Nous nous sommes quittés sur le constat d’un dérapage financier, reconnu par tous, et sur une absence d’indications sur les solutions susceptibles d’être mises en œuvre pour y mettre un terme.

 

Nous espérions, à l’occasion de cette réunion, avoir au moins un aperçu de ces solutions, considérant que le Conseil général étant le principal financeur de l’EPCC, il ne peut pas se désintéresser de son avenir.

 

Or à part nous demander de porter à 4 100 000 euros la subvention annuelle de fonctionnement, ce rapport ne nous apprend rien !

 

* * *

 

Cette situation est aussi inacceptable qu’en décembre !

 

Depuis des années, le Conseil général apporte un soutien financier conséquent à l’EPCC : 2 638 000 euros en 2006, 4 350 000 euros l’an passé,  et 4 100 000 euros pour 2009, pour l’instant…

 

Ce sont des sommes suffisamment élevées pour que, vous en conviendrez Chers Collègues, nous soyons en droit d’obtenir quelques explications sur les moyens qui seront mis en œuvre pour redresser la barre.

 

Ceci est d’autant plus grave que, dois-je vous le rappeler, le Conseil général intervient à près de 80 % dans le budget de l’EPCC. Cette proportion n’a pas cessé de croître au fil des ans. Elle était inférieure à 70 % en 2006.

 

Certes la culture a un coût, mais nous parlons bien ici de fonds publics départementaux à un niveau colossal, peut-être abyssal d’ailleurs !

 

Et nous n’avons à ce jour aucun signe d’une inversion future de cette tendance.

 

Pouvez-vous nous assurer, Monsieur le Président, que lors d’un prochaine séance, vous n’allez pas être contraint de nous demander d’octroyer une nouvelle subvention d’équilibre ?

 

* * *

 

L’augmentation non maîtrisée du budget de l’EPCC, et donc de la contribution du Conseil général, l’absence d’éléments sur les initiatives déjà prises et à venir pour placer, enfin, cette structure sur de bons rails, nous conduisent à voter contre ce rapport.

 

Les domaines départementaux constituent une richesse patrimoniale, touristique et économique pour le Finistère.

 

Le bon sens commandait de continuer à les accompagner, sans les enfermer dans un carcan, budgétivore qui plus est.

 

Vous avez été mis en garde en son temps, Monsieur le Président !

 

Malheureusement une volonté, qui ne se dément pas, de tout contrôler, de tout régenter, a conduit aux graves difficultés que connaît aujourd’hui l’EPCC, et avec lui les domaines départementaux.

 

Que d’énergie, que d’argent perdu qui auraient pu être mieux utilisés en particulier vers les acteurs culturels de terrain qui, au quotidien, animent nos communes et nos cantons.

 

Encore une fois, nous avons toujours nous privilégier la culture pour tous là où nous voyons bien que vous préférez la culture entre soi.

 

Mais là aussi, ce n’est pas faute de l’avoir dit !

 

Je vous remercie.

 

 

 

* *

*

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  • L'Alliance pour le Finistère est le groupe d'opposition au Conseil général du Finistère. Il rassemble les Conseillers généraux UMP, Centristes et Divers Droite.

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